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Les ronds-points les plus moches de Villeurbanne…

Les ronds-points les plus moches de Villeurbanne…

Vendredi, Août 21, 2026 affiche humour Villeurbanne

Ou les œuvres d'art que tous les Villeurbannais connaissent

« Tu vas au Totem”

“C’est à coté des deux maisons jaunes. »

Ces phrases, tous les Villeurbannais les ont déjà entendues. Pourtant, si l'on demande à un visiteur ce qu'il pense de ces monuments, la réponse est souvent la même : « C'est… particulier ! »

Pendant des années, les Deux Maisons jaunes, les immenses panneaux directionnels ou encore le célèbre Totem ont été moqués. Certains les trouvaient laids, d'autres incompréhensibles. Et pourtant, ils sont devenus au fil du temps de véritables symboles de Villeurbanne.

Alors, pourquoi ces œuvres ont-elles été installées ? Et pourquoi les habitants y sont-ils finalement si attachés ?

Quand Villeurbanne transforme ses ronds-points en musée

Dans les années 1980, le maire Charles Hernu souhaite que l'art quitte les musées pour s'installer dans la rue.

Son idée est simple : permettre à chacun de croiser une œuvre d'art en allant au travail, en faisant ses courses ou en attendant au feu rouge. Plusieurs artistes contemporains sont alors invités à créer des sculptures monumentales pour les principaux carrefours de la ville.

À l'époque, cette démarche était audacieuse. Aujourd'hui encore, peu de communes françaises possèdent autant d'œuvres d'art contemporaines visibles gratuitement dans l'espace public.

Les Deux Maisons jaunes : le rond-point le plus célèbre… et le plus moche de France

Impossible de faire cet article sans évoquer les célèbres Deux Maisons jaunes.

Créée en 1988 par le sculpteur Étienne Bossut, l'œuvre s'intitule officiellement Autour d'un abri jaune. Deux petites maisons identiques, peintes d'un jaune passé, semblent avoir été déposées au milieu d'un rond-point comme par magie.

En 2016, les Deux Maisons jaunes connaissent même une notoriété nationale lorsqu'elles sont élues "plus moche rond-point de France" lors d'un concours organisé par la station RMC. Les Villeurbannais prennent la nouvelle avec beaucoup d'humour. Certains revendiquent presque ce titre comme un trophée.

L'histoire ne s'arrête pas là. En 2020, un camion percute l'une des maisons. L'œuvre est démontée, restaurée puis déplacée à proximité du parc naturel de la Feyssine, où elle peut désormais être admirée de plus près.

Mais j'entends souvent mon amie qui habite dans le quartier parler avec nostalgie des 2 maisons jaunes...

Le Totem : une sculpture devenue un quartier 

Certaines œuvres sont tellement connues qu'elles finissent par donner leur nom à un quartier.

C'est exactement ce qui s'est passé avec "le Totem", créé en 1979 par l'artiste Guy de Rougemont.

Avec ses formes géométriques et ses couleurs vives, cette sculpture, en acier laqué intrigue depuis plus de quarante ans. Beaucoup ignorent son nom officiel, mais tout le monde sait où se trouve "le Totem".

Rarement une œuvre d'art aura autant intégré le langage quotidien des habitants.

Les panneaux directionnels : le GPS le plus artistique de France

À première vue, on pourrait croire à un immense carrefour routier.

Des dizaines de panneaux indiquent des villes dans toutes les directions.

Paris.

Tokyo.

Moscou.

Alger.

New York.

En réalité, il s'agit d'une œuvre de Patrick Raynaud, intitulée Sculpture giratoire, installée en 1988.

L'artiste détourne les célèbres panneaux routiers pour inviter au voyage. Chaque direction devient une promesse d'évasion, même si l'on reste… au milieu d'un rond-point villeurbannais.

Des œuvres qu'on critique… mais qu'on défend

Des œuvres qu'on critique… mais qu'on défend 

Ce qui est amusant avec ces sculptures, c'est qu'elles suivent souvent le même parcours.

Au début :

« C'est moche. »

Quelques années plus tard :

« Finalement, on s'y est habitué. »

Puis arrive le moment où quelqu'un propose de les enlever…

Et soudain :

« Ah non ! On ne touche pas aux Deux Maisons ! »

« Le Totem, c'est Villeurbanne ! »

« Les panneaux ? Ils font partie du paysage ! »

Elles sont devenues des repères affectifs et non plus de simples sculptures.

Pourquoi ces œuvres divisent elles autant ?

Contrairement aux statues classiques représentant des personnages célèbres, ces créations ne racontent pas une histoire immédiatement compréhensible.

Elles posent des questions plutôt qu'elles n'apportent des réponses : 

Pourquoi 2 maisons au milieu d'un rond-point ?

Pourquoi des panneaux qui ne servent à rien ?

Pourquoi un immense Totem coloré ?

Le but n'est pas la recherche du Beau. 

Et c'est précisément l'un des principes de l'art contemporain.

Enfin, comme tu l'auras vu dans mes illustrations, je suis plus sensible à l'art nouveau et à l'art déco.

Les stars discrètes de Villeurbanne

Les visiteurs viennent souvent admirer les Gratte-Ciel ou le Théâtre National Populaire.

Mais les habitants savent que l'identité de Villeurbanne se cache aussi dans ces œuvres croisées au détour d'un boulevard.

Elles ne figurent peut-être pas dans tous les guides touristiques, mais elles racontent une ville qui a osé faire entrer l'art contemporain dans le quotidien, sans chercher à plaire à tout le monde.

Tu les veux chez toi ?

Si toi aussi tu aimes les ronds-points emblématiques de Villeurbanne, tu peux les retrouver dans ce poster humoristique "Villeurbanne aime ses ronds-points"

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